Le Plan Respect Banlieue, présenté par Fadela Amara, propose des mesures urbaines, sociales et éducatives pour les territoires prioritaires de la politique de la ville. Au titre de la politique éducative, le Plan propose deux axes majeurs :
- Favoriser la réussite scolaire,
- Développer l’excellence de l’offre éducative en banlieue
Le Ministère de l’Education Nationale a sollicité la ville de Courcouronnes afin d’expérimenter la mise en œuvre du « busing », l’une des mesures phares de ce Plan issue des expériences américaines qui consistent à transporter les enfants des quartiers défavorisés dans les établissements fréquentés par des enfants de quartiers plus favorisés pour assurer un mélange social dans les écoles élémentaires et secondaires avec l'objectif affiché d'aboutir à l'égalité des chances et à la mixité sociale.
Le manque de mixité sociale et la concentration dans certaines classes d’élèves en difficulté font que pour un trop grand nombre de ces enfants, l’école primaire représente leur première expérience de l’échec. L’installation précoce de l’échec crée un sentiment de relégation. Les chances de rattrapage d’une mauvaise scolarité au primaire sont très faibles. La moitié des élèves qui sortent du système éducatif sans qualification ont redoublé avant leur entrée au collège. Le Haut conseil de l’éducation a d’ailleurs rappelé, dans son rapport de 2007 sur l’école primaire, que « les chances d’accomplir une scolarité sans heurt et conduisant à une qualification sont très fortement liées au niveau initial des compétences en cours préparatoire».
L’école primaire constitue donc dans les quartiers défavorisés le premier rouage d’une spirale qui peut tirer ou non l’ensemble du système scolaire vers le haut. Il est donc urgent d’explorer de nouvelles pistes pour que les enfants soient mis sur le chemin de la réussite dès l’école primaire. Tous les chercheurs et experts ont montré qu’une solution innovante et efficace dans ce domaine serait de disperser les élèves en difficulté dans différents établissements, plutôt que de continuer à les regrouper ensemble comme le fait la politique d’éducation prioritaire depuis 25 ans.
Compte tenu du bon niveau de dialogue entre la Municipalité et l’Education Nationale et des caractéristiques de la ville, et notamment sa géographie très marquée, les instances de l’Education Nationale ont proposé à la ville qu’une classe de l’école Jacques Tati (entre 20 et 25 élèves) soit transférée vers l’école Paul Bert (une classe de CM2) à la rentrée 2008/2009. Les élèves seraient ainsi indifféremment affectés dans les deux classes de CM2, dans le but d’évaluer l’impact de cette mesure et de vérifier l’hypothèse selon laquelle le niveau scolaire de l’ensemble des élèves progresserait.
Les familles issues du secteur de l’école Jacques Tati, dont les enfants participeraient à l’expérimentation, seraient ainsi être prioritaires pour obtenir une dérogation afin d’obtenir une place au collège Paul Fort (et non au collège Paul Eluard à Evry, comme s’est actuellement le cas pour les enfants de ce secteur). Ils bénéficieraient également de la prise en charge financière d’un transport scolaire dédié et de la restauration scolaire.
Pour les familles issues de l’école Paul Bert, des moyens supplémentaires seront donnés par le Ministère pour améliorer les offres pédagogiques proposés aux enfants (développement des heures dédiées aux langues vivantes, projet « secourisme »,…).


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